Levée de fonds : adage n° 2

Rien de sert de courir, il faut partir à point

Entrepreneur, ne vous lancez pas dans l’aventure de la levée de fonds si les conditions suivantes ne sont pas réunies, vous gaspilleriez votre énergie et vos chances de succès :

– Le dirigeant fondateur doit consacrer 100 % de son temps à son projet. Ce qui signifie que le projet pour lequel il lève des fonds ne peut pas être un à côté. Il ne peut ni ne doit être salarié d’une entreprise ou même « à cheval » sur 2 projets à la fois.

– Il y a plus d’un homme à la tête de l’entreprise, il y a une équipe.

– Il y a une claire adéquation entre l’équipe et le projet. A minima, il y a des compétences prouvées dans l’équipe et les rôles sont clairement distribués.

– La phase de conception est passée, le développement est en cours. Idéalement,  le produit est prêt, voire en cours de commercialisation.

– Le dirigeant a investi, non seulement son temps (qui est précieux, nous n’en doutons pas) mais aussi son argent dans son projet. A la manière des mutuelles qui remboursent un multiple de ce qu’a remboursé la SS, les investisseurs investissent un multiple de ce qu’a investi le dirigeant. Malheureusement, un multiple de 0 fera toujours 0 !!!

Nous avons croisé différents entrepreneurs qui souhaitaient conserver un emploi salarié et attendaient pour se lancer d’avoir trouvé des investisseurs  finançant le projet. Présenté de cette manière, les investisseurs comprennent que le porteur de projet a dans l’idée de faire porter le risque à l’investisseur.

Autant faire boire un âne qui n’a pas soif, c’est tout simplement impossible !

Anne Chofflet

7 Responses to Levée de fonds : adage n° 2

  1. Michel FLAGES says:

    Je suis vraiment désolé de ne pas partager votre avis, car, en plus de 40 ans d’expériences de siège et de terrain, j’ai vu de très nombreux cas et personnellement j’ai mené de nombreux projets où les conditions que vous évoquez étaient loin d’être remplies et le succès n’en a pas moins été au rendez vous, à la satisfaction de tout le monde et ce, aussi bien dans des grands groupes (( top ten), qu’avec des entrepreneurs quasiment seuls (j’ai moi même investi au stade de simples idées sans absolument aucune de vos conditions et notamment avec un entrepreneur qui n’en n’a pas moins eu une médaille d’or au salon des inventions de Genève dont le projet a bien tiré parti)… Bien sûr que tout ce que vous évoquez pourrait être logiquement ou théoriquement souhaité, mais seulement comme un plus (ce n’est pas biunivoque!) sans aller aussi loin que vous qui en faites une recommandation absolue, un peu déconnectée de la réalité… Mais ça a toutefois le mérite de faire réfléchir avant de se lancer!
    Cependant les projets entre eux et leurs environnements respectifs peuvent être si différents qu’il peut être difficile, voire dangereux, d’en tirer des règles ou des recommandations en dehors d’être prudent et logique …

    • annechof says:

      Je ne fais pas de ces conditions des conditions de succès tout court mais de succès d’une levée de fonds auprès d’une épargne organisée que constituent les fonds de capital risque ou les réseaux de business angels. En outre, ce qui prévalait hier ne prévaut pas aujourd’hui. L’aversion au risque est grande et tous les acteurs déplacent le curseur. Evidemment, il reste toujours des exceptions : un serial entrepreneur qui a fait montre de son talent dans différentes entreprises pourra lever de l’argent sans peine. Mais le plus souvent, les investisseurs préfèreront miser sur une start up qui a démontré que son produit répond à une problématique plutôt que sur une feuille de papier….

      • Michel FLAGES says:

        C’était bien dans l’esprit des « conditions de succès de la levée de fond » que j’avais répondu, alors que je trouvais les conseils assez conservateurs mais sans qu’on puisse vous le reprocher, surtout quand il s’agit de conseil à des tiers…
        Quant aux « conditions de succès tout court » je n’avais fait qu’une parenthèse, toute fois liée à la levée de fonds, avec un exemple typique qui a montré que, dès que le succès a commencé à être plus envisageable, le ticket d’entrée pour les candidats investisseurs a coûté plus cher et qu’ensuite cela a été trop tard, avec une porte d’admission au projet qui s’est fermée en attendant l’introduction en bourse, puisque c’est ainsi que cela s’est passé les mois suivants dans l’exemple auquel je faisais allusion……
        Mais ne chipotons pas et ne nous disputons pas dans un domaine où chacun a sa méthode d’analyse et sa logique pour être prudent et se décider à investir et où certains « achètent » quand d’autres « vendent »…et où de toute façon le risque zéro n’existe pas …

  2. annechof says:

    Je ne peux pas vous donner tort, les conseils sont conservateurs, chaque cas est particulier et des éléments subjectifs conditionnent également la décision de l’investisseur. Toutefois, force est de constater qu’il y a beaucoup de sociétés cherchant à lever des fonds et qu’il y a peu d’élus….

  3. Evidemment l’adéquation homme/ équipe / projet doit être parfaite : c’est le socle fondateur car on investit plus « intuiti personae » qu’il n’est avoué. Même si le produit / service est à très fort potentiel, si l’équipe n’est pas bonne, il n’y a pas d’avenir…
    Après bien sûr il y a d’autres leçons, après l’adage n°2 ? Car pour lever des fonds il faut également que le modèle économique fasse levier, que la stratégie commerciale soit opérante, que le montage juridique (et les jeux de pouvoirs en découlant) au clair… A suivre donc.
    Macreationdentreprise.fr offre à ce propos un parcours pour monter un projet solide.
    A bientôt pour les autres adages.

  4. Je suis plutôt d’accord avec les conditions posées.
    J’ajouterais ceci comme conditions pour se différencier dans la pack de ceux qui ont déjà rempli toutes conditions proposées par Anne:

    Votre projet répond à un marché solvable et en croissance
    Si possible, vous avez déjà des clients fidèles
    Votre offre est supérieure à celle de la concurrence (c’est mieux qu’une offre unique)
    Le management sait montrer qu’il est exceptionnel
    votre projet génère du cash – au mois à terme – même dans des conditions de business plan très dégradées.

  5. Ping : Levée de fonds : faut-il faire appel à un intermédiaire ? « Lever des Fonds

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